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Université de Lille 3Journées d'études sur Le Compagnon du Tour de France de George Sand

8 et 9 décembre 2005, Université de Lille 3

Responsables : Michèle Hecquet, Martine Watrelot  
Programme détaillé du colloque

Le dynamisme créé par l'année Sand, la récente publication du Compagnon du Tour de France en collection de poche nous autorisent à revisiter ce roman, le premier où George Sand épouse la cause du peuple. Ce roman où s'ébauche l'utopie d'une mixité sociale est le fruit d'une rencontre d'auteurs ; il est né de la lecture enthousiaste du livre d'un ouvrier, Le Livre du Compagnonnage d'Agricol Perdiguier, lecture dont les frères Leroux ont été les médiateurs. Sand l’écrit dans le but d'aider l’action d'union des compagnonnages voulue par Perdiguier et dans le souci d'illustrer une culture populaire. Le héros Pierre Huguenin, ouvrier et philosophe, inspiré à la fois du penseur socialiste Leroux et de Perdiguier, témoigne du tournant pacifique pris en 1840 par le mouvement politique et social, après une décennie de barricades et de conspirations. Sand cherche à montrer la puissance d'union et de civilisation du Compagnonnage, elle analyse ses dissensions et le fait entrer en dialogue avec les « classes cultivées ». Le Compagnon du Tour de France eut une destinée unique, et vit toujours dans la mémoire compagnonnique. La fécondité de cette rencontre - qui fut et reste exceptionnelle - se doit d’être mesurée dans toute son étendue.

Après l'abstraction des grands textes d'idées, Lélia ou Spiridion, il marque pour Sand un retour au roman concret ; si elle s'y montre fidèle à certains de ses choix romanesques (rôle du château, de la jeune fille noble et soucieuse d'égalité chrétienne), la définition de son sujet lui impose d'innover. Ce roman ouvre diverses perspectives souvent problématiques :

 Par son cadre historique : L'action étant située en 1824, se pose la question du traitement du passé récent. Quelle image Sand donne-t-elle de l'acculturation politique des campagnes ? De la conscience de classe chez les ouvriers ? Quel est le sens des sociétés secrètes ?

Par ses thèmes originaux : Comment un roman peut-il évoquer rites et symboles compagnonniques, poétiser la vie des Compagnons ?

Par son engagement et la polémique qu’il va entraîner : La foi de Sand que le renouvellement poétique et artistique se fera par le peuple s'exprime déjà ici et doit être comparée aux encouragements qu'elle donne bientôt aux écrivains ouvriers (Poncy, Gilland), ainsi qu'aux grands articles de réflexion sur la poésie des prolétaires ; comment ce récit s'inscrit-il dans le mouvement de publications ouvrières inspiré par le saint-simonisme ? Il vaut aussi par ses questions ; dans quelle mesure un mouvement ouvrier spécifique et autonome est-il légitime ?

Par sa réception : Quels ont été les lecteurs de l’ouvrage et comment l’ont-ils perçu ?

 

Voici quelques-unes des questions qu'historiens et littéraires sont invités à se poser.

 

Comité scientifique du colloque

Christine PLANTÉ, U.M.R 5611 L.I.R.E. du CNRS
Michèle HECQUET, Professeur émérite de l'Université de Lille 3
Isabelle HOOG-NAGINSKI, Université de Tufts (USA)
Martine WATRELOT,  Équipe d’accueil du Centre de recherche Alithila
E.A.1061 de l'Université de Lille 3
 

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Dernière mise à jour : 20 septembre 2009
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