TOUT À VOUS
L'amour en toutes lettres



Après avoir parcouru plusieurs
tomes de sa correspondance (dans l'édition de Georges Lubin) ainsi que
Le Roman de Venise (composé par José-Luis Diaz), nous avons
retenu quelques passages parmi les plus profonds, les plus émouvants,
les plus percutants sur l'amour vu et vécu par George Sand et
décliné sous toutes ses formes.
Notre choix de textes suit un ordre
chronologique. Il se construit à son insu au long des confessions
passionnées, de ses analyses intérieures, de ses récits d'aventure
et des conclusions qu'elle en tire comme une Bible de l'Amour.
D'Aurélien de Sèze (son premier
amant) à Jules Manceau (l'ultime, de 30 ans son cadet), en passant par
son mari Casimir Dudevant (épousé quand elle avait 18 ans dans un
élan d'émancipation à l'égard de sa famille), par la jeune Marie
Dorval, amie intime et maîtresse d'Alfred de Vigny, par le tumultueux
Alfred de Musset et par son rival le charmant docteur Pagello, par
Mérimée (connu l'espace d'une nuit fugace), par Michel de Bourges
(son avocat protecteur), et par Chopin, bien sûr (l'être aimé neuf
ans durant, lors d'une liaison vécue en famille), nous avons glané
dans la panoplie sentimentale de ce cœur toujours palpitant et en avons retiré
quelques pépites...
De temps en temps, une lettre à ses
confidents favoris (Sainte-Beuve, François Rollinat, le Polonais
Grzymala) ou à son fils Maurice Sand complètent ce manifeste du cœur. Un cœur auquel ne manque pas l'esprit. Dans ses
moment les plus ardents, George Sand garde toujours son intelligence
en alerte, parvenant à faire la synthèse admirable des sens et de la
conscience. Cette dualité légendaire en fait un être à part,
souvent considéré comme un monstre par ses pairs, véritable
figure de proue d'un siècle.
Le mélange de lucidité et de
sensibilité qui jaillit de sa plume nous a séduites et incitées à
donner voix et corps à ces écrits si méconnus, qui sont l'œuvre d'une vie, qui sont cette vie même.
Tout à
vous, Photographie de Philippe FRETAULT